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La peur du sacré La réflexion sur le sacré passe, dans la culture occidentale, par la distinction canonique entre sacré et profane. Le sacré est ce qui a été écarté, éloigné, ce qui tient l'homme en respect et qu'il ne peut approcher que sous certaines conditions. Le profane, c'est l'élément humain, médian, le monde dans lequel l'homme commun évolue. Pour cet homme du commun, le sacré est avant tout quelque chose de négatif : le contraire de ce qu'il se voit capable de faire. Mais au quotidien sacré et profane se mêlent : sorcières, génies des lieux, ressuscités, augures font partie de la vie de tout un chacun. Le sacré, c'est l'ensemble des manifestations qui dépassent l'homme, sans pour autant que ces manifestations lui soient étrangères. Le sacré est donc au départ une dimension constitutive de la vie de l'homme. Même l'homme le plus commun, dans les sociétés plus archaïques et dans le passé de la culture européenne, vit aux côtés du sacré. La crainte et le respect du sacré sont présents - la crainte est un des éléments invariants de toute manifestation « religieuse » - mais cette crainte n'est pas dissociable d'une grande proximité. Pourtant, peu à peu un glissement s'est produit, la proximité
s'est effacée, seule est restée la crainte. Petit
à petit le sacré est devenu l'interdit et a disparu
de l'horizon de l'homme. L'homme contemporain a perdu toute familiarité
avec ce qu'il appelle sacré, et croit habiter un monde unipolaire,
profane, sécularisé. Le sacré désormais
fait peur : l'homme ne s'attend pas à ce qu'arrive quelque
chose qu'il ne comprenne pas ou dont il n'est pas à l'origine. Le sacré, dans la société contemporaine, est vécu sous diverses modalités comme par exemple le respect qu'inspirent l'œuvre d'art ou la mort, ou l'« adoration » de la nature, ou encore le scandale, face à des actes de profanation de sépultures par exemple. page précédente - 4/6 - page suivante |